9.3.12

"Contaminations"

Incitation : "Contaminations"

Contraintes :

- Durée au choix.

- Technique au choix (vidéo, stop motion, utilisation de skype, etc.)

- Travail à présenter le mercredi 28 mars.


Notes et précisions :

Tout d’abord, je voulais vous préciser que j’ai pensé à ce thème de travail après avoir constaté les progrès que vous avez réalisés au niveau de votre construction de l’image (cadrages, lumière, couleurs etc.) Cette incitation doit vous amener à exploiter ces acquis afin de traiter la notion complexe de contamination.

Cette notion est très vaste. Aussi, vous allez devoir l'aborder suivant un angle précis et réfléchi. Voici, pour vous aiguiller, quelques pistes de réflexion (beaucoup d'autres sont envisageables) :


- Le sens premier est évidemment lié à la maladie ou à la prolifération d'un virus. Cela rejoint la notion de mort, de passage du temps et du dépérissement. Une telle approche peut supposer, a priori, le travail approfondi d’une évolution (par le récit, le montage etc), la difficulté consistant à montrer le passage d’un état à un autre.

La maladie renvoie à ce qui s’altère progressivement de "l'intérieur". Cela peut impliquer un fort rapport à l’organique. Comment filmer un corps ou une chose pour en sonder la vie intérieure ?


- À partir de la question du corps, il est difficile de ne pas penser, en termes vidéographiques, à la « chair numérique de l’image vidéo ». Telle une peau vibratile, une image numérique peut-elle contaminer ou être contaminée ? La propriété quasi-oganique du pixel devient alors évidente. De travailler l’image dans sa corporéité peut-être une piste passionnante. Comment altérer ou affaiblir l’image vidéo ? Ou, si on pense au split-screen, un écran peut-il en contaminer un autre ?


- La contamination est donc forcément une forme de progression, de prolifération, voire de saturation, par contacts. L'idée du réseau est fondamentale ici : réseau de communications, d'informations ou d’énergies qui communiquent et s'influencent les unes les autres. On retrouve la notion d’espace-temps ici à travers l’aspect ubiquiste de la contamination par réseau. La contamination, en effet, devient, au rythme de sa progression, ce qui est en même temps ici et là-bas. Nous pouvons alors envisager d’avoir recours à des dispositifs de vidéocommunication tels que Skype pour filmer, capturer des images et créer un dispositif filmique à distance.


- Dans un sens plus général, la contamination évoque le contact, l'influence d'un corps sur un autre. On peut avoir à l'idée l'image de la rumeur, du rire communicatif ou du bâillement, qui passe de personne en personne. Cela peut se rapprocher de l'idée de cause à effet. La cinématique du « cause à effet » peut être très intéressante à explorer. Comment donner à voir les rapports de causalités entre les actions ? C’est un élément primordial en montage notamment. Par exemple, le montage alterné du film Babel d’Alejandro Inarritu aborde cette question en y donnant à voir un récit articulé autour d’un « effet papillon » (« Un simple battement d'ailes d'un papillon peut-il déclencher une tornade à l'autre bout du monde ? »).